10:20 le mardi 23 septembre 2008
Le projet de FCRPP/CFPRH sera déposé en novembre 2007 au CRSH dans le cadre du programme de Réseaux stratégiques.
En vue du dépôt de la demande de subvention dans les prochaines semaines – je devrais dire les prochains jours – je vous fais rapport des activités réalisées ou appuyées par le FCRPP, de celles qui sont déjà instiguées. Je dresserai ensuite un bilan de ce qui a bien fonctionné et de ce qui n’a pu être fait. Suivra enfin un court énoncé des projets qui pourraient voir le jour avec l’appui du CRSH et votre collaboration en tant que co-chercheurs, collaborateurs et partenaires.
A. Résumé des activités
Je dirai en premier lui que notre stratégie a été de concentrer notre action sur des activités au printemps, durant l’été et à l’automne de 2006 puisque nous pensions devoir soumettre une demande au printemps 2007. Tout s’est télescopé avec les nouvelles conditions du programme qui ont été annoncées en septembre avec des délais très courts. Tout nous porte à croire que le CRSH cherche à limiter le dépôt de nouveaux projets, en proposant aux universités de sélectionner parmi les équipes déjà retenues, celles qui se mériteraient un appui plus consistant, à plus long terme.
Je vous rappelle ensuite que l’objet de notre demande n’était pas tant de générer de nouvelles activités, mais bien plutôt de mettre en réseau les acteurs du patrimoine, en facilitant notamment leur participation à des événements et travaux au Canada en vue d’une plus grande mobilisation des connaissances.
1. Nous avons établi des liens avec la Canadian Association of Professional Heritage Consultants (CAPHC)/Association canadienne d’experts conseils en patrimoine (ACECP). Lucie K. Morisset et moi avons été invités, les 6 et 7 mai 2006, à présenter le projet de FCRPP/CFPRH au congrès annuel de cette association qui regroupe surtout des consultants et des « heritage planners », employés des services gouvernementaux et des municipalités. Ce forum nous a permis de rejoindre assez facilement un grand groupe de professionnels avec lesquels les universitaires n’ont pas de nombreux contacts. Ce groupe n’a aucune base au Québec et nous œuvrons à les inviter pour une première rencontre à Montréal, ce qui leur permettra d’élargir leur réseau de membres tout en favorisant la diffusion de leurs activités Il est en effet important que les cultures de gestion du patrimoine, du Canada et du Québec, soient plus largement connues de façon réciproque. Par ailleurs, ce groupe, qui décerne annuellement une série de prix pour récompenser les meilleurs exemples de conservation/restauration au Canada, s’est dit intéressé à diffuser les projets lauréats dans la revue Architecture Canada, publiée par la Société pour l’étude de l’architecture au Canada/Society for the Study of Architecture in Canada, partenaire de la première heure de notre Forum. Deux jeunes chercheurs montréalais ont aussi été soutenus pour assister à cette rencontre.
2. Lors de la tenue du Congrès annuel de la Société pour l’étude de l’architecture au Canada/Society for the Study of Architecture in Canada du 15 au 17 juin 2006, à Charlottetown, nous avons organisé une session pour présenter le FCRPP/CFPRH et discuter avec quelque 50 participants de réseautage.
3. Nous avons contribué à la tenue du Colloque sur le patrimoine religieux de la Nouvelle-Écosse, à l’Université Sainte-Anne à la Pointe-de-l’Église (N.-É.), les 19-20 juin 2006. Notre participation, mais plus encore la mise en commun de nos « carnets d’adresses », ont permis d’y accueillir des participants du Québec et de l’Ontario français (SOS-Églises) dans des ateliers sur le thème de la sauvegarde des grandes églises en bois de l’Acadie. Cet événement à permis de développer des projets futurs de partenariat sur le thème du patrimoine religieux construit et immatériel, entre trois universités (Laval, Sainte-Anne et UQAM), avec un solide ancrage local, à la Pointe-de-l’Église.
4. À la suite de notre rencontre à Charlottetown, le FCRPP a parrainé une journée de travail, le « Forum du leadership sur le patrimoine bâti » dans le cadre du congrès annuel de la Fondation Héritage Canada, à Ottawa jeudi 12 octobre, de 8h30 à 16h. La Fondation Heritage Canada y a convié une trentaine de représentants des organisations locales et provinciales dédiées à la sauvegarde et à la mise en valeur du patrimoine. Au vu des résultats de cette rencontre, le groupe a convenu de se réunir annuellement, en marge du congrès annuel de la Fondation, en vue de développer un véritable réseau en patrimoine. Ce groupe constitue une interface de premier plan pour les chercheurs universitaires. Notre projet FCRPP a contribué à cette rencontre par une subvention de 5 000 $.
5. En vue de favoriser un rapprochement entre les chercheurs et jeunes chercheurs en histoire et ceux qui sont en patrimoine bâti, le FCRPP a contribué à la tenue d’ateliers sur le patrimoine dans le cadre du 59e Congrès de l’Institut d’histoire de l’Amérique française, tenu du 19 au 21 octobre 2007 à Montréal. Le thème du congrès était « Une histoire au quotidien ». Deux ateliers relatifs au patrimoine y ont été présentés ; le premier sur le thème de « La patrimonialisation au quotidien » (séance 7 du vendredi 20 octobre) et un deuxième sur le thème de « L’éveil de la protection du patrimoine au Québec » (séance 20 du samedi 21 octobre). Les contacts entre chercheurs sur le paysage construit et historiens sont peu fréquents et cette rencontre a permis des échanges fructueux sur les thèmes du patrimoine et de la mémoire.
6. Les 1er et 2 décembre 2006 se tiendra à Québec, à l’Université Laval, le Deuxième Colloque international des jeunes chercheurs en patrimoine, faisant suite à un événement analogue organisé en septembre 2005 à l’UQAM, dans la perspective, précisément, de favoriser la mobilité des jeunes chercheurs et l’élargissement de leurs publics. Ce colloque, organisé conjointement par la Chaire de recherche du Canada en patrimoine ethnologique, rattachée à l’Institut du patrimoine culturel de l’Université Laval et la Chaire de recherche en patrimoine urbain, rattachée à l’Institut du patrimoine de l’UQAM, regroupera une trentaine de jeunes chercheurs des universités du Québec, du Canada, de France, de Suisse et de Belgique. La contribution du FCRPP, dont les deux titulaires des CRC sont co-chercheurs, a permis d’inviter deux jeunes chercheurs canadiens (Vancouver et Kingston) et l’un de leurs professeurs à un événement jusqu’ici essentiellement franco-québécois et francophone.
7. Nous avons aussi annoncé la mise sur pied du FCRPP dans plusieurs autres forums et dans des publications, notamment dans Architecture-Canada, la revue de la SEAC/SSAC. Nous travaillons aussi activement au développement du site web du réseau qui pourra fonctionner comme un véritable forum de discussion.
B. Bilan
Ces activités ont déjà eu des retombées, en termes de réseautage. Plusieurs nouveaux organismes ont accepté de parrainer le FCRPP, dont la Fondation Heritage Canada, le Ontario Heritage Trust, la Heritage Foundation of Newfoundland and Labrador, l’Inuit Heritage Trust.
Par ailleurs, plusieurs collègues universitaires ont manifesté leur intérêt à joindre le FCRPP, soit comme co-chercheurs, soit comme collaborateurs. Nous sommes en contact avec eux et évaluons la pertinence d’élargir le cercle. Mais les avis à ce sujet sont partagés. Ni le CRSH, ni le service de la recherche de l’UQAM ne voit d’un bon œil des équipes trop grandes qui peuvent rester des regroupements artificiels et le CRSH insiste pour que les co-chercheurs aient obtenu des subventions de recherche ; le réseautage devrait en fait démultiplier les effets des divers programmes de subvention du CRSH (Chaires, subventions ordinaires, IDR, etc.).
Il y a aussi des activités que nous n’avons pu réaliser. L’annonce tardive des résultats du concours a fait que plusieurs co-chercheurs et collaborateurs n’ont pu se joindre à nous dans des rencontres qui se sont tenues essentiellement dans l’Est du Canada. Nous pensions avoir le temps d’organiser quelques activités ou de déployer le FCRPP/CFPRH dans l’Ouest, mais le temps nous a manqué, surtout à la veille du dépôt de la nouvelle demande de subvention. Un des points de la demande de renouvellement consistera à développer un pôle fort dans l’Ouest (Winnipeg ou Calgary ?) qui aurait l’initiative de projets et le financement conséquent. Nous allons discuter de ceci avec nos co-chercheurs de l’Ouest du Canada dans les prochains jours.
C. Projets
Le niveau de financement des projets acceptés par le programme de CRSH étant nettement plus élevé que lors du stade de démarrage, nous entrevoyons une programmation plus dense et plus variée.
1. Aide à la mobilité des jeunes chercheurs. Le réseau devrait consacrer une enveloppe budgétaire pour appuyer la mobilité des jeunes chercheurs, notamment ceux qui ont obtenu la bourse du Canada (maîtrise et doctorat) qu’ils doivent utiliser dans une université canadienne. La mobilité serait de courte durée (présentation dans un forum scientifique) ou de durée moyenne (recherches sur le terrain)
2. Aide à la publication. Création de deux collections d’ouvrages, en coédition avec des éditeurs canadiens, l’une sur l’Histoire de l’architecture au Canada/Architectural History in Canada, l’autre sur Patrimoine/Heritage Studies. Ces deux collections publieraient des titres en anglais et en français et seraient distribuées à travers le Canada. Le FCRPP/CFPRH pourrait aussi appuyer des publications existantes en commanditant des numéros thématiques et en améliorant la distribution de certains titres auprès des jeunes chercheurs.
3. Développement du site web du FCRPP/CFPRH. Ce site, déjà en cours d’élaboration, se propose d’être un véritable forum de discussion et d’échanges. Il se veut aussi un portail d’information sur tous les enseignements, formations et recherches poursuivies dans les universités et autres institutions et organisations canadiennes.
4. Séminaires. Chaque année le FCRPP/CFPRH proposera quelques séminaires, délocalisés à travers le Canada. Il s’agirait, selon les forces et les compétences des co-chercheurs et collaborateurs, d’organiser une rencontre scientifique à laquelle seraient conviés des collègues mais aussi de jeunes chercheurs et des acteurs du milieu. On peut imaginer par exemple des séminaires sur L’économie du patrimoine, Le patrimoine métis, La conservation des églises chrétiennes dans les communautés autochtones, etc. Ces séminaires pourraient se tenir en marge de rencontres scientifiques déjà programmées.
5. Colloques et congrès. Le but du FCRPP/CFPRH n’est pas de générer de nouvelles associations ou organisations. Il s’agit donc, dans une vision holistique du patrimoine, de proposer à des sociétés existantes, d’ajouter un atelier, de consacrer une journée à un forum d’échanges sur le patrimoine, où les universitaires et les acteurs du milieu pourront se rencontrer et échanger. « Le Forum des décideurs du patrimoine » parrainé par la Fondation Héritage Canada pourrait devenir le principal outil du genre, autour duquel des rencontres plus thématisées pourraient être organisées
Cette liste n’est pas exhaustive et nous travaillons à la mettre à jour, notamment à l’aide de suggestions recueillies dans cette première phase. Vos commentaires et suggestions sont évidemment bienvenus. Il va de soi que notre demande de subvention, qui couvre une programmation établie sur sept années, demeurera générique à plusieurs égards ; elle devra donc évoluer tout en restant arrimée aux objectifs du programme.